Patois francoprovenal du Petit-Bugey

Francia Joubert
rcit
Saint-Paul sur Yenne

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La gratazon d mon pr
La dmangeaison de mon pre


I t arv a mon pr, o s aplv Kld, k mr kinz. O ta chantr a l gliz. Du kot d mon pr i shantvan tui by. Mon gran shantv, mz onkl, m tant.
C’est arriv mon pre, il s’appelait Claude, qui est mort en 1915. Il tait chantre l’glise. Du ct de mon pre ils chantaient tous bien. Mon grand-pre chantait, mes oncles, mes tantes.
Y ava n kor k d n p konu. O ramss l sou p l deny du kult. Mon pr ta p reush, pask m diz nou s trta d pya l dt d mon pr k datvon d diz nou s trz katrz. Al o ta p arzht.
Il y avait un cur que je n’ai pas connu. Il ramasse les sous pour le denier du culte. Mon pre n’tait pas riche, parce que moi en 1930 j’ai pay les dettes de mon pre qui dataient de 1913 et 14. Alors il n’tait pas argent.
Chl kor mv by l sou. Mton k mon pre lu bay ch mom di sou, s p s k i rprzt yeura. Alo o lu f :  Kld, te pou myeu fr, te pou myeu m bayi .
Ce cur aimait bien les sous. Mettons que mon pre lui donne () ce moment dix sous, je ne sais pas ce que a reprsente maintenant. Alors il lui fait :  Claude, tu peux mieux faire, tu peux mieux me donner .
Mon pr lu di :  kut, d vo bay s k d pw, vo st k d s p reush, d on gos infirm  – pask mon frr ava tonb su l zhneu k ava p t seunya, y a f l artrz or a rst la zhanba mourta dss –  N pw p vo bayi myeu .
Mon pre lui dit :  coutez, je vous donne ce que je peux, vous savez que je ne suis pas riche, j’ai un gosse infirme  – parce que mon frre avait (= tait) tomb sur le genou qui n’avait pas t soign, a a fait l’artrose et il a (= est) rest la jambe morte dessous –  Je ne peux pas vous donner mieux .
 Te pou myeu fr .
 Tu peux mieux faire .
Ma mr m a rakont s seuv. Mon pr a tenu, o di :  Nan, vo bay s k d pw .
Ma mre m’a racont a souvent. Mon pre a tenu, il dit :  Non, je vous donne ce que je peux .
Alo ol a deu :  Ba m la man, Kld, sra ma man by for . Ol a sar, i s son sar la man, ma mr di :  Or dvnu teu fons . Md.
Alors il a dit :  Donne-moi la main, Claude, et serre ma main bien fort . Il a serr, ils se sont serrs la main, et ma mre dit :  Il est devenu tout fonc . (Il) part.
I pr na gratazon a mon pr, m al intenble. O t al dz la bov, or a pra l treuly d l vash, o s t treuya. Jam na gota d san. Inpossibl d dremi, or a pass na n !
a prend une dmangeaison mon pre, mais alors intenable. Il est all dans l’table, il a pris l’trille des vaches, il s’est trill. Jamais une goutte de sang. Impossible de dormir, il a pass une nuit !
Ma mr di :  kuta, t p vyeun, m ol a shandza d koleur, de dzeu k o t a ssorsl. Pr l sou, va lu port .
Ma mre dit : coute, tu n’as pas vu, mais il a chang de couleur, je dis qu’il t’a ensorcel. Prends les sous, va lui porter .
Mon pr v a la keura, alo s i p d rakontr, (o) di :  B vka, d rflchi, d shartsa m pourta man, voz apourt .
Mon pre va la cure, alors a ce n’est pas des racontars, il dit :  Ben voici, j’ai rflchi, j’ai cherch mes porte-monnaie, je vous apporte .
  by, sra m la man, Klde . O ressr la man, plu d gratazon. Alo s i n p n istwar, i vku !
 Ah bien, serre-moi la main, Claude . Il resserre la main, plus de dmangeaison. Alors a ce n’est pas une histoire, c’est vcu !
d ikeu, ma mr n a jam yeu konfyans a n kor. Tozheu l m a deu :  Mfya-t d n kor . k de fa :  Mfya-t d n kor .
Et d’ici (= depuis ce moment) ma mre n’a jamais eu confiance un cur. Toujours elle m’a dit :  Mfie-toi d’un cur . Oh que de fois :  Mfie-toi d’un cur .

ouverture de la page 08/09/2011